Maroc : les incertitudes sur la santé du Mohammed VI suscitent des interrogations quant à l’avenir de la monarchie, accentuant les intrigues sur sa succession

La santé du roi marocain Mohamed VI est une nouvelle fois au centre des préoccupations médiatiques.
Mercredi dernier, les Marocains ont été choqué de constater, via les médias publics – des apparitions en public qui sont de plus en plus rares -, un roi épuisé et affaibli, procédant à un remaniement partiel de son gouvernement qui fait face à l’élargissement de la contestation populaire.
Pour détourner l’attention sur l’état de santé réel du roi qui se décline depuis longtemps déjà, les télés du royaume ont rapporté l’information de remaniement, mais en illustrant le roi parfois uniquement par des photos ou en évitant de montrer le monarque de près. Toutefois, cette apparition a suscité des inquiétudes, des incertitudes et des spéculations quant à son règne et à l’avenir de la monarchie, alors que les intrigues sur la succession au trône prennent de plus en plus d’ampleur.
Ces derniers mois, l’activité du roi Mohamed VI s’est drastiquement réduite à mesure que l’héritier, Moulay Hassan, devient de plus en plus présent aux engagements de la maison royale marocaine. Avant mercredi, la dernière apparition publique connue de Mohamed VI a eu lieu en août dernier, lorsqu’il a reçu l’athlète Soufiane El Bakkali, médaillé d’or du 3 000 mètres aux Jeux olympiques de Paris, au palais royal de Tétouan.
Dans la courte vidéo que la famille royale a rendue publique de cette réunion, on peut voir le roi décorer l’athlète de « Ouissam Al Arch ». On observe cependant une extrême fragilité du roi marocain, qui éprouve de sérieuses difficultés à lever ses bras tremblants pour placer l’insigne, avant d’être aidé par un assistant.
En septembre 2017, le monarque a été admis au centre d’ophtalmologie clinique des Quinze-Vingt à Paris pour se faire retirer une tumeur bénigne qui s’était développée dans son œil gauche et envahissait sa cornée. Ce n’est qu’après l’opération que l’agence officielle marocaine MAP en a fait état. La brève dépêche révélait ainsi la raison jusqu’alors inconnue du voyage du roi dans la capitale française et assurait qu’il devrait se reposer pendant 15 jours selon la prescription médicale.
Cinq mois seulement après son opération ophtalmologique, le roi du Maroc a dû subir une nouvelle intervention chirurgicale, cette fois pour stopper une arythmie cardiaque grâce à une ablation par radiofréquence, comme le rapporte l’agence officielle marocaine. En juin 2020, Mohamed VI a subi une rechute de son arythmie, pour laquelle il a dû être opéré à la clinique du Palais Royal de Rabat, en raison des restrictions de voyage qui existaient alors en raison de la Covid-19.
Quoi qu’il en soit, la vérité est que le Palais royal semble plongé dans un processus de transition du pouvoir dans lequel le prince Moulay Hassan prend de plus en plus d’importance au milieu de la disparition publique de son père. Cependant, même si Moulay Hassan, 20 ans, est le successeur naturel, certains milieux proches du pouvoir suggèrent que son jeune âge pourrait faire de lui un leader vulnérable.
Dans ce contexte, Moulay Rachid pourrait être considéré comme une alternative plus expérimentée pour guider le pays, surtout à un moment où le Maroc est confronté à des défis à la fois internes et externes. Moulay Rachid, frère du roi Mohamed VI, a fait l’objet d’une polémique suite aux accusations de tentative d’attentat contre la vie de son neveu, le prince héritier Moulay Hassan. Cette accusation, détaillée par plusieurs médias français et espagnols, a relancé les spéculations sur la succession au trône dans le royaume.
Selon des révélations du média espagnol « Infobae », ces querelles au sein du Palais royal ont été exacerbées par des événements tragiques comme la mort du chauffeur de Moulay Hassan en 2020. Cet incident, ainsi que la mort suspecte du colonel Youcef El Adadi, un allié important du prince héritier, ont contribué à accroître les soupçons sur les véritables intentions de Moulay Rachid, a constaté le même média.
Bien qu’il ait été démis de ses fonctions de pouvoir en raison de ces scandales, sa récente réhabilitation pour représenter la monarchie aux funérailles de la reine Elizabeth II à Londres a généré de nouvelles spéculations.
Outre les problèmes de successions, le Maroc est confronté à des situations difficiles à l’intérieur et à l’extérieur du pays, tels que les revers diplomatiques subis par Rabat sur la question du Sahara occidental, et les débrayages qui touchent pratiquement tous les secteurs, et qui menacent désormais la stabilité du royaume.
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