ActualitéAfriqueInternational

Maroc : une grande manifestation des étudiants en médecine violemment réprimée, plusieurs arrestations et blessures graves

Des centaines d’éléments des forces de sécurité marocaine en tenue antiémeute ont lancé un raid dans la soirée du mercredi 25 septembre sur un campement de protestation établi devant la faculté de médecine à Rabat par des étudiants manifestant pacifiquement contre « le refus persistant du gouvernement de répondre à leurs revendications » soulevées depuis 10 mois.

L’action des étudiants mécontents qui devrait se poursuivre pour une durée de 12 heures, à partir de 19 heures de mercredi à jeudi, fait suite à une série de campements de protestation qui émergent dans diverses universités du Maroc, notamment à Marrakech, Tanger et Agadir.

Les campements de manifestations sur les campus d’universités sont une nouvelle forme de protestation adoptée par les étudiants marocains, alors que le dialogue fait toujours défaut entre les étudiants et le ministère de l’enseignement supérieur, pour des revendications axées notamment sur l’annulation des sanctions académiques, la programmation de deux sessions d’examens et la révision des propositions gouvernementales concernant les années de formation en médecine.

Les agents de la police marocaine ont pu pénétrer de force dans le campement, malgré la résistance des étudiants manifestants, les forçant à se disperser avec des grenades et des matraques.

Plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux montrent les policiers marocains réprimant violemment les étudiants médecins, après avoir procédé au démantèlement de leur campement dans le cadre de l’opération de leur dispersion.

Cela a provoqué des scènes d’horreurs.

Les effectifs de la police marocaine ont été renforcés par l’arrivée de bus remplis de renforts près de lieu de campement.

Tard dans la nuit, selon les images des vidéos de la scène, des confrontations entre forces de sécurité et étudiants ont éclaté, lorsque les agents antiémeutes ont commencé à repousser les manifestants à l’extérieur de campement.

Les forces de sécurités marocaines ont arraché les pancartes des manifestants et jeté au sol les étudiants, dont certains ont été rejoints par leurs parents, souvent âgés, au milieu de l’épaisse fumée des grenades assourdissantes.

Sur les images postées en ligne, les policiers ont été vus en train de menotter des étudiants et les mené vers des bus de police positionnés près de campement, tandis que les slogans « A bas la dictature ! », « A bas le gouvernement Akhanouch ! » résonnaient sans cesse dans l’air.

Dans un communiqué publié jeudi 26 septembre, la Commission nationale des étudiants en Médecine, Médecine dentaire et Pharmacie, qui représente les étudiants grévistes, a dénoncé l’ampleur sans précédent et sauvage de cette répression policière, qualifiant ce qui s’est passé d’une « nuit noire au cours de laquelle tous les rêves ont été tués ».

L’organisation a ajouté qu’il y avait eu un grand nombre d’arrestations parmi les étudiants pacifistes.

« Des interventions violentes et barbares ont été menées sur les étudiants, leurs mères et leurs pères. Selon les informations préliminaires, environ 15 étudiants et même leurs familles ont été arrêtés, en plus des blessures d’un certain nombre d’étudiants et de l’évanouissement d’autres à la suite d’interférences brutales, de bousculades, de coups de pied et de coups violents, accompagnés d’insultes et d’injures », a fustigé l’organisation estudiantine.

L’organisation a estimé que les autorités marocaines, en lieu de tenter de trouver des solutions aux doléances des étudiants qui débrayent depuis 10 mois, ont fait appel aux forces de sécurité pour disperser les manifestants et démanteler leurs campements, ce qui prouve, selon la même source, « à quel point, le gouvernement se soucie de l’élément humain, et la réalité de ses efforts pour atténuer le profond désespoir chez les jeunes marocains, qui sont de plus en plus tenter par l’immigration clandestine ».

L’organisation a pointé clairement la responsabilité du gouvernement marocain, Aziz Akhanouch, et son ministre du ministre de l’Enseignement supérieur, dans cette violence policière contre les étudiants, exigeant ainsi des « excuses officielles pour ces brutalités » et « la libération immédiate de tous les étudiants arrêtés et de leurs familles, afin d’éviter de nouvelles tensions ».

Malgré « l’approche répressive du gouvernement, qui atteint aujourd’hui son apogée en attaquant la dignité des étudiants médecins et de leurs parents », les étudiants en médecine restent catégoriques : ils n’abandonneront pas leur action tant que les autorités marocaines n’auront pas répondu à leurs demandes.

Ils ont appelé tous les étudiants en médecine, pharmacie et médecins dentistes, ainsi que les personnels de santé à participer aux manifestations organisées localement dans tous les CHU, jeudi 26 septembre 2024 à 14 heures.

Ils ont promis également de descendre de nouveau dans la rue le 15 octobre dans la capitale Rabat, affirmant qu’ils dévoileront les détails de leur action ultérieurement.

Al24News

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button