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France : plus de 50 jours après les législatives, d’énormes obstacles politiques se profilent, assombrissant l’espoir d’un compromis

Le président français Emmanuel Macron a poursuivi lundi ses consultations pour trouver un Premier ministre en commençant par un entretien d’une heure et quart avec l’ancien locataire de Matignon Bernard Cazeneuve.

Le chef de l’Etat français a salué Bernard Cazeneuve en bas des escaliers dans le vestibule du palais de l’Elysée et l’ancien Premier ministre n’a fait aucun commentaire en partant, a constaté Reuters sur place.

Emmanuel Macron devait ensuite recevoir les anciens présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande ainsi que l’ancien ministre et président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand.

Plus de 50 jours après le second tour des élections législatives, l’impatience grandit dans l’opposition, qui considère cette longue attente comme un déni de démocratie et s’inquiète de l’arrêt des réformes.

Les députés LFI Eric Coquerel et Liot Charles de Courson, qui pilotent la Commission des Finances de l’Assemblée, ont exhorté Bercy à leur fournir des documents sur le budget en préparation, qui doit être présenté le 1er octobre.

Le ministre démissionnaire des Comptes publics, Thomas Cazenave, a assuré samedi que le calendrier budgétaire serait tenu.  La France insoumise (LFI) a réaffirmé lundi que la coalition de gauche Nouveau Front populaire (NFP) déposerait une motion de censure contre tout gouvernement qui ne serait pas dirigé par Lucie Castets, sa candidate pour Matignon.

Sur France 2, Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI a répété que « les quatre formations du Nouveau Front populaire sont alignées pour dire que nous censurions tout autre gouvernement que celui de Mme Lucie Castets ».

Bernard Cazeneuve, dernier Premier ministre de François Hollande, qui a quitté le PS en 2022 pour protester contre le rapprochement avec le camp de Jean-Luc Mélenchon, « appartient à l’ancien monde du ‘hollandisme’ dont nous voulons (…) tourner la page », a ajouté Mathilde Panot.

« J’ai l’impression d’un immense retour dans le passé, un peu comme une faille spatio-temporelle », a abondé sur Europe 1 et CNews l’eurodéputée LFI Manon Aubry.  « Nous censurerons toute continuité avec le ‘macronisme' », a toutefois nuancé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sur BFMTV-RMC.

Interrogé sur TF1, le député Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy a déclaré de son côté qu’un gouvernement dirigé par Xavier Bertrand, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, serait « sans doute » censuré, « car ce qu’il porte c’est la faillite de la France ».

Si Emmanuel Macron nommait un gouvernement Bernard Cazeneuve, cela « dépend[rait] de ce qu’il va proposer », a dit Jean-Philippe Tanguy, ajoutant que « monsieur Cazeneuve, c’est monsieur Macron, c’est pareil ».

De son côté, la cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a réclamé la convocation d’une session extraordinaire du Parlement, comme le Parti communiste (PC) et le PS la semaine dernière, alors que les députés doivent retrouver les bancs de l’Assemblée nationale le 1er octobre.

Dans un communiqué publié lundi, le RN demande « un débat sur la situation des finances publiques de la France ainsi que celle des finances de la Sécurité sociale » mais aussi sur « la situation sécuritaire ».

Les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui incluent les communistes, ont demandé dans un communiqué que le Parlement puisse « reprendre les rênes et se mettre au travail sans plus attendre », notamment pour « délibérer au plus vite des propositions de lois issues du programme du NFP ».

(Agences)

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